La moralisation de la vie publique

Il est bon de ne pas tout mélanger quand on parle de moralisation de la vie politique. La corruption  dans le monde des affaires et du sport détourne de l’argent mais en politique, en plus, elle détourne de l’argent public qui provient de nos impôts ou qui aurait du être versé en impôt.

Les exemples ne sont pas si fréquents. Actuellement Petrobras au Brésil concerne des députés. Pour les députés Cahuzac et Thévenoud, il s’agissait  de fraude fiscale en principe récupérée avec majoration et amendes. Pour Tapie la récupération prendra du temps… Ces histoires ont au moins permis une loi de moralisation et de transparence et vont initier un état d’esprit plus conforme à notre déclaration d’août 1789.

Elles nous montrent l’importance de médias libres et d’une justice indépendante du pouvoir, bénéficiant de moyens suffisants pour une meilleure efficacité.

Tout autres sont les phénomènes de clientélisme et les copinages avec les amis ou la famille. Ce n’est pas de la corruption mais il s’agit encore d’argent public employé de façon discutable. Il s’agit d’actes légaux actuellement mais qui nous décrédibilisent aux yeux de nos voisins de l’Europe du nord dont les mœurs sont moins laxistes en la matière.  À Saint-Nazaire, ce copinage peut prendre la forme d’aides à certaines associations. C’est partout pareil, direz-vous. Pourquoi ne pas le pratiquer nous aussi alors ? On pense au clientélisme que l’on prête aux Balkany, à Serge Dassault…

Il convient d’aider les associations qui font du bon travail à condition qu’elles subissent des contrôles et une mise en concurrence.
Enfin les conflits d’intérêt sont parfois inévitables dans le privé et le public. Ils doivent être signalés comme la loi le prévoit déjà et évités lorsque l’on a des responsabilités politiques.

Abrégé de Sécurité sociale et Mutuelles

Source la lettre de Galilée      

Progressivement, l’Etat a  repris la main sur la Sécurité sociale qui gère notamment le secteur de la santé. Au cœur du pacte républicain, élément emblématique de la solidarité, la Sécurité sociale est  un boulet pour l’Etat. Elle croule sous les déficits, même s’ils sont effacés par leur transfert à la CADES créée en 1996 qui est devenue une sorte de caisse de défaisance.
Résultat : dans le cadre de la politique de réduction des déficits publics visant à atteindre le fameux niveau de 3%, fixé par le traité de Maastricht et imposé par Bruxelles, la Sécu fait figure de mauvais élève.
En créant l’ONDAM, l’Etat s’est donné les moyens de maitriser les dépenses. Les premières années, l’Objectif n’était pas respecté et il fallait, en cours d’exercice, appliquer des mesures restrictives. Mais, depuis 4 ans, il est tenu et même sous-exécuté, ce qui est une réelle performance même si elle est un peu artificielle, notamment parce que les faibles dotations attribuées aux hôpitaux se traduisent par une dette pour les établissements. En d’autres termes, le déficit est transféré, telle une patate chaude ! L’Etat joue au sapeur Camembert qui creusait un trou pour en boucher un autre.

Le gouvernement se félicite de ce contrôle des dépenses, confondant maitrise et régulation.

La maitrise à grands coups de baisse des dotations, de blocages tarifaires, de ponction sur les laboratoires pharmaceutiques et de déremboursement est un exercice relativement facile.
Mais la régulation qui consiste ou consisterait à faire baisser les coûts de production des soins par une refonte de l’organisation des hôpitaux, à mettre en place un système d’information entre tous les acteurs du système de santé, à imposer le suivi des recommandations de la Haute autorité de santé, à éviter les actes et les consultations redondants, etc.. est un exercice plus compliqué et plus risqué politiquement….
L’Etat sait maitriser mais ne sait pas réguler…
Et si, pour sortir de cette impasse, il faisait appel à un allié qui n’attend que cela depuis longtemps : les assureurs complémentaires et plus précisément la Mutualité.

Depuis longtemps, la Mutualité se plaint d’être réduite au rôle de supplétif en ayant pour seule mission de prendre en charge ce que l’Assurance-maladie obligatoire dérembourse ou ne veut plus prendre en charge. Elle revendique d’être un gestionnaire à part entière du risque et vise à se substituer à la Sécurité sociale.
Lentement mais surement, elle est en train de gagner ce pari hautement stratégique.
Depuis plusieurs années, les assureurs complémentaires ont mis en place des réseaux de santé et des plateformes à partir desquelles ils orientent leurs adhérents vers des professionnels de santé avec lesquels ils ont contractualisé. En 2013, une loi a consolidé les réseaux de santé excluant toutefois les médecins. Mais les assureurs ont trouvé le moyen de contourner l’obstacle. Ainsi, la société filiale de plusieurs complémentaires santé – MAAF, MMA, Alliance, IPECA et Mutuelle générale de la police – a annoncé son intention de contractualiser avec des établissements hospitaliers – et pas directement avec les médecins – dans le domaine de l’orthopédie afin de « créer un réseau de soins d’excellence » dans cette spécialité amorçant ainsi la création d’un véritable réseau de soins, sur le modèle des HMO américains.
Et ce n’est qu’un début parce que ces embryons de réseaux de soins ne sont qu’une pièce d’un gigantesque puzzle.

En effet, les Mutuelles ont trouvé le moyen, en 2012, de mettre un pied dans le champ conventionnel avec les dépassements d’honoraires des médecins du secteur II, objets d’incessantes polémiques sur leur niveau excessif et discriminatoire. Le gouvernement – qui les avait dans son collimateur – a imposé à l’Assurance maladie de proposer aux médecins un contrat visant à encadrer leurs dépassements et à les faire prendre en charge par les… complémentaires.
Jouant le rôle de chevalier blanc de l’égalité des soins, la Mutualité a mis sur la table 150 millions d’€ pour financer ces dépassements mais a exigé, en contrepartie, de définir les critères d’éligibilité et d’avoir accès aux données de l’Assurance-maladie dans ce domaine.
La Mutualité a ainsi acheté son ticket d’entrée à la table des négociations conventionnelles.

La prochaine étape a été la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés qui se met en place le 1er janvier 2016.
Et si l’enjeu caché de cette avancée sociale était la substitution, pour la gestion du risque santé, de la Sécurité sociale par les complémentaires?
La vraie nouveauté de cette réforme ne réside pas dans l’augmentation du nombre de personnes bénéficiant d’une complémentaire – selon plusieurs rapports, la progression ne sera que de 1 ou 1,5% – mais dans la nature des contrats et les rapports de force.
Le contenu des contrats que les complémentaires doivent proposer est défini par un décret qui a déterminé une sorte de « panier de soins », c’est-à-dire – selon la définition communément admise – «
l’ensemble des produits, services et prestations de santé auxquels chaque assuré social doit pouvoir accéder sans barrière financière ». Grosso modo, il s’agit de couvrir le champ du ticket modérateur sur les consultations et les actes médicaux, sur les médicaments remboursés à 65%, sur les analyses et examens en tout genre, sur les frais de transport sanitaire et sur les frais de séjours hospitaliers. Ils devront aussi prendre en charge le forfait hospitalier. En ce qui concerne les dépassements d’honoraires des médecins, les contrats devront rembourser l’intégralité des dépassements des médecins ayant souscrit le fameux contrat plafonnant les dépassements d’honoraires et à 125% en 2015 puis 100% en 2016, les dépassements des médecins du secteur II n’ayant pas souscrit ledit contrat.
Pour les complémentaires, c’est un changement total de modèle économique. Elles vont devoir changer de terrain de jeu. Fini le temps où pour appâter le chaland, il fallait se lancer dans une sorte de course à l’échalote consistant à proposer toujours plus de prises en charge de dépassements, de prestations annexes (chambre individuelle, télévision, etc..), de pratiques plus ou moins médicales, comme les médecines douces ou encore l’homéopathie qui étaient autant de produits d’appel. Elles vont devoir répondre à des appels d’offres lancés par les entreprises et les branches professionnelles pour la souscription des contrats responsables de groupe.
Cette mutation fait leur jeu. En effet, cette logique du panier de soins redistribue les cartes du pouvoir médico-économique dont les complémentaires sont les grands gagnants. Non seulement, leur marché s’élargit et se stabilise mais, surtout, leur pouvoir sur l’ensemble du système médico-économique se renforce. En effet, dès lors qu’elles ont l’obligation de prendre en charge l’intégralité des tickets modérateurs, les complémentaires ne peuvent plus être tenues à l’écart des évolutions tarifaires et des niveaux de remboursement de l’Assurance-maladie obligatoire.
Les mutuelles, en particulier, sont appelées à devenir l’interlocuteur – pour ne pas dire le partenaire – privilégié de l’Etat en matière d’assurance-maladie. Aucune évolution du périmètre du panier de soins ne pourra se faire sans leur accord.

 

Cité sanitaire, bord de mer etc

Cité sanitaire 380 millions d Euros note 15/20

Il faut le dire fort c’est un beau bâtiment. Lignes arrondies, couleurs douces, accessibilité pour presqu’île et Sud Loire. De quoi faire oublier les ratés réels ou non, inévitables pendant deux ans, d’ordre administratif plus que médical. Le Parking…il est bien meilleur qu’à Nantes et entretient les fantasmes. On peut aussi venir en bus.

Lieu de Souffrance et de mort mais aussi de naissance ou de nouveau départ après un accident, c’est un Lieu de vie. D’où l’intérêt de ce bâtiment chargé d’humanité ; que vive encore mieux cet hôpital et bien sûr nos cliniques où on donne ou redonne de la vie.

Magnifique projet : un bloc avec 18 salles, la mise en commun de la pharmacie et de certains services, cela aurait du améliorer la gestion et permet de sortir de la règle des 35 heures qui, à l’hôpital, a supprimé des marges de manœuvre pour l’embauche cassant la création de postes (de soignants, surtout pas d’administratifs)

Rien n’est gagné : toute la population doit jouer le jeu : préférer Saint-Nazaire dans 90 % des cas, soit la cité sanitaire, soit la clinique de l’Europe. Diminuer des frais d’ambulances et les transports pour la famille et les proches, c’est une défense de l’environnement qui nous concerne et change des sornettes des Khmers verts. Développer la fréquentation de la Cité sanitaire, c’est un moyen, mais pas le seul, de payer le loyer lié à ce bail emphytéotique effrayant à payer 35 ans. Pas avec des actes inutiles pour autant. La ville devra apporter sa contribution à ce chantier que le P.P.S. et l’hôpital ont voulu mais qui n’aurait jamais dû consommer autant d’espace.  Alors que la suppression de quelques batiment à Avalix aurait permis de loger ce beau projet médical. La réunion de la Mut et du public pouvait se faire au moulin du Pé, ou à Heinlex ; qu’ont dit les chantres du développement durable : rien

Le bus Hélice  : 65 millions d’euros note 15/20

Derrière les vitres fumées des bus, remplissage variable selon les heures. Il devrait augmenter de 100 % à 200 % et non de 10% pour être un succès. Donc succès provisoire à amplifier ; tout reste à faire pour que l’emploi se développe et que les habitants plus nombreux aient besoin de plus de transport en commun. Hélice c’est l’impossibilité de stationner rue de la république sur des parkings trop petits, l’effondrement de certains commerces. Consolation : le lifting des trottoirs, moins de feux rouges et des pistes de vélo… désertes mais soyons patients.

Le théâtre, que du bonheur : 30 millions ?  note 18/20

21 millions officiels, et à cause de nombreux loupés et dédits, une addition beaucoup plus salée mais une offre culturelle remarquable grâce au professionnalisme de la direction. Le VIP aussi est très bien. Allons-y. On a besoin de remplir les salles. Encore plus.

Du théâtre, oui, des animations loufoques, point trop. Votons avec nos pieds en n’allant pas cautionner les absurdes jardins du toit de la base sous marine. Des arbres inappropriés, gourmands en eau qu’on expose à tous les vents et arrose à longueur d’année avec nos impôts. Allons plutôt sur l’autre Bunker du port revoir le paysage marin et le gag des triangles rouges de l’artiste Varini.

Le Skate parc  note 18/20 : attendu depuis des années. Mais le résultat est superbe. Il était bon d’attendre, finalement. On attend aussi la nouvelle piscine dont l’architecture, semblable à celle de la salle de sport FOGIEL est très plaisante, dans ce quartier qui s’appelait PLAISANCE…

Une ville jeune sans patinoire peut survivre mais la discrète et efficace ville de St Brévin en a une et nous incite à un peu de modestie avec sa croissance harmonieuse, son casino avec animations et ses salle de conférences.

Le front de mer : magnifique sans conteste mais inachevé aux deux extrémités.  Encore beaucoup à faire. Des dizaines de restaurants  ! ou autres métiers de bouche et de boisson abordables pour les jeunes qui filent à Pornichet dépenser leur argent de poche quand ils ont les moyens d’y aller.

Conclusion

L’ouest du département séduit sans peine avec son climat, la mer et une ambiance culturelle particulière. C’est l’effet littoral qui concerne toute la façade Atlantique. Un objectif à poursuivre : une gestion des fonds publics animée par le seul bon sens. Et c’est plutôt réussi depuis 10 ans. Prudence extrême avec les idéologies de droite ou de gauche pour gérer nos communautés. Laissons les rares esprits sectaires s’exprimer, ça les occupe et cela leur fait du bien. Que notre excellente adjointe à l’urbanisme reste à Saint-Nazaire, on a besoin d’elle et de ses compétences. La ville flotte dans des habits trop grands. A l’évidence elle peut accueillir 80000 habitants et sa périphérie 50000 habitants ; c’est un chantier raisonnable qui exige que nous donnions tous ensemble aux autres une image de villes apaisées et encore plus accueillantes.

manifestation d’art contemporain Estuaire 2011

Estuaire  2007 et 2009 vu par un nazairien :
un fourre tout amusant à réorganiser

Il est ardu de donner des impressions sur un événement innovant comme Estuaire 2009 ; la dite manifestation a programmé des événements divers et variés, il faut d’emblée le souligner ; parmi ceux ci, de l’art contemporain, terme ambigu car l’art a toujours été contemporain… avant de ne plus l’être, et l’art contemporain certains y mettent à dessein n’importe quoi. Ceci dit c’est la deuxième édition de cette fête de l’estuaire et il est maintenant possible de s’exprimer avec un peu de recul.

L’importance du budget (8 Millions d’euros) justifie qu’on dise c’est génial, bon, moyen, ou médiocre, selon quel critère, et si on veut continuer ce genre de dépenses….

La manifestation aurait attiré plus de monde que la première édition, d’après la presse alors que la durée a été plus courte. On peut sans se tromper affirmer qu’il n’y a aucun phénomène de rejet alors que dans le passé des œuvres et des manifestations moins ludiques, baclées et mal médiatisées ont été immédiatement raillées et demeurent désavouées (certaines statues, le rond point Océanis, la fameuse rue de la paix et des arts avec ses cubes).

On peut mettre en doute les chiffres de fréquentation dans la mesure où il n’y a aucune billetterie, tout étant gratuit. Les organisateurs ont dit aux commerçants qu’ils ont inclus dans leur comptage le défilé inaugural avec une foule de 15 000 personnes, chiffre invérifiable. Dans la région nazairienne, on a assisté à des arrivées régulières de touristes en aout, mais pas à des foules. Ouest France précise qu’à Saint Nazaire les commerçants du port ont vu et revu des gens qui ne seraient jamais venus mais que la fréquentation des restaurants a été en retrait par rapport à 2007. Phénomène inverse pour les restaurants côté de base sous marine  Ruban bleu et centre ville. C’est normal le bateau de croisière sur la Loire arrivait cette année de ce côté là. Bref activité stable et beaucoup de commerçants regrettent que çà n’ait pas duré jusque septembre.

Depuis 2007 quatre choses se sont améliorées :

La communication est plus sobre avec des commentaires moins prétentieux sur les œuvres exposées ; le texte de la brochure officielle qui est très bien illustrée est lisible si on est indulgent pour certaines tirades un peu fumeuses.

Ouest France n’est plus partenaire officiel ; comment ce quotidien pouvait il être objectif en étant probablement financeur en 2007 ? Est il objectif ? C’est une question délicate mais les présentations dans ses colonnes fournissent des renseignements très clairs.

Le gigantisme a été évité. Il s’agissait dans la première édition d’une baudruche en forme de canard, techniquement difficile à gonfler et de la maison de Lavau impossible à immerger de façon partielle et stable dans la Loire.

Et si on fait le compte il n’y a pas beaucoup d’art « content pour rien ». Pardon contemporain, parfois on ne sait plus.

Au fait, qu’est-ce que l’art contemporain ?

Tout et n’importe quoi est  une assez bonne définition puisque tout peut faire l’affaire du moment qu’il existe un élément excitant, choquant, innovant, drôle, émouvant.
Mais de nombreuses activités du cirque ou de la télévision qu’on place loin ou en dehors de l’art, ont ces particularités. La fête inaugurale avec des géants en est un exemple assez classique, une fête similaire aux inaugurations d’une coupe du monde ou d’ouverture de Jeux Olympiques avec défilé de géants  que l’on retrouve également de façon traditionnelle dans certaines régions.
Ils étaient réussis. Bravo. On attend de les revoir. Pas besoin d’aventures compliquées qu’on oubliera. On veut les voir bouger, c’est tout. Défiler. Une ouverture ça doit simplement surprendre et faire rêver.

Il y a eu finalement beaucoup d’architecture, une quinzaine d’œuvres si l’on inclut les jardins qui sont une forme d’architecture avec en toile de fond le développement durable, des habitats ou des jardins en phase avec cette question. C’est intéressant et ce n’est pas spécialement artistique. C’est de l’écologie au sens premier, la science de la maison ( logos et oïchos), une  harmonie entre la nature et les maisons. Rien de nouveau, il y avait déjà profusion de plans d’eau, d’arbres et de potagers dans les châteaux de la Loire. On peut trouver ça artistique mais au départ ce n’est pas fait que pour cela. Ce n’est pas laid évidemment, manquerait plus que cela…

D’autres œuvres, finalement plus rares, ont un intérêt purement visuel et ne peuvent être considérées que comme de l’art contemporain. Les anneaux de Buren à Nantes, je ne m’en lasse pas et je ne m’en lasserai jamais. C’est de l’art non conceptuel, ça ne fait pas se tordre les méninges. Les triangles de Varini à SN c’est à voir.

Enfin, il existe un assez grand nombre d’œuvres qui s’apparentent plus ou moins au cinéma : vidéo de quelques minutes, effets spéciaux, jeux de lumière, jet d’eau.
Est-ce de l’art contemporain ? ça peut être assez ennuyeux ou valoir vraiment le coup d’oeil. Si on est curieux et on l’est quand on visite Estuaire 2009 on se fait plaisir et on fait une ballade en même temps.

Les œuvres conceptuelles sont volontiers présentes à Saint Nazaire. On a l’impression que l’auteur veut faire passer une idée. La dernière fois, c’était les bouteilles en plastique frappées du mot égalité. Cette fois-ci, c’est le mot Human Rights, toujours au Grand Café fournisseur officiel d’art conceptuel avec effet facile mais peu d’émotions. On peut arguer qu’il en faut pour tous les goûts, mais si l’on accepte que l’art contemporain dérange, comme le déclarait François Pinault à l’occasion de l’exposition payante qu’il a organisé à Dinard, alors cet art conceptuel loupe son but car il ne dérange personne. On comprendra ainsi que le grand public et même un public initié soit absolument insensible aux œuvres de ce type, dont le pourcentage devrait rester très faible.

Dans cette manifestation estivale, prend place une découverte de la région que beaucoup n’auraient jamais visitée, une découverte de la nature avec l’association LPO, une croisière sur l’eau, toutes manifestations qui pourraient avoir lieu indépendamment de cette biennale et il serait souhaitable de les programmer de façon annuelle. Elles ne coûtent quasiment rien et peuvent rapporter gros et longtemps.

On retrouve l’idée d’un art qui s’expose en dehors des musées. C’est bien mais ce n’est pas nouveau. On va visiter Versailles et on découvre en prime Jeff Koons. On va visiter les caves de champagne Pommery à Reims en 2008 et on déguste en prime 50 objets d’arts contemporains de la meilleure facture. On n’aime pas toutes ces œuvres mais ce sont des lieux où on a toujours incontestablement su promouvoir les artistes. A chaque fois on paye son entrée, pas plus chère que l’entrée sans les œuvres, c’est donc une autre forme de gratuité et on se déplace aussi en partie pour l’art contemporain exposé.
A Reims, c’était 50 artistes ; et non un seul artiste ayant du mal à produire 4 objets comme au Grand Café. Et des artistes qui se vendent, pas des imposteurs qui parasitent les nombreux et ennuyeux grands cafés que la DRAC impose ici et là en France et à qui personne n’achète rien parce qu’ils sont le plus souvent dépourvus de talent.

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En somme, Jean Blaise a rassemblé des animations divertissantes plutôt qu’ennuyeuses ; le mot art contemporain pourrait être gommé sans rien retirer à l’événement.

Car il s’agit plutôt d’une fête qui se situe dans la région de l’estuaire et qui remonte même jusqu’à l’abbaye de Fontevrault bien loin de Nantes avec une œuvre musicale dans un site au passé prestigieux.

Pour comprendre le véritable but d’Estuaire 2009, il faut lire la première page de la brochure et l’éditorial de Jean Blaise. Il s’agit de nous formater à l’idée qu’il faut tout penser en terme de métropole Nantes-Saint-Nazaire. S’il y a des liens majeurs entre les deux villes par le fleuve et autant par la route et le train pour tout ce qui touche l’activité économique, en revanche il n’est pas évident qu’il existe un intérêt à faire fusionner sur un plan culturel les deux villes. Cela est artificiel, programmé pour servir les intérêts des politiques et a de fortes chances d’être voué à l’échec. Concrètement, les habitants de la presqu’île de Saint-Nazaire se déplacent peu pour motifs culturels vers la région nantaise. Trop d’embouteillages. C’est exactement l’inverse qui se produit avec la folle journée qui se promène dans tout le département avec le succès que l’on connaît.
Dans d’autres publications Jean Blaise va plus loin en expliquant que la gauche aime l’art contemporain et que la droite n’y comprend rien.  Ce qui reste très discutable. Laissons les ronchons au premier duquel il se place ronchonner en rond. Rendons hommage aux publics qui ne jugent pas mais restent ouverts en se déplaçant . Laissons les se prendre de curiosité pour cet univers ou y être complétement indifférent tout en ayant voix au chapitre par leurs commentaires.